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Retraites à 60 ans, à taux plein, à 1500 euros !


Conférence de presse de l'appel "La retraite, une affaire de jeunes !"


Matériel militant

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ET AILLEURS COMMENT CELA SE PASSE LES RETRAITES ?


Pour financer les retraites, le gouvernement est-il prêt à laisser crever les salariés ?

Par Ivan du Roy (24 juin 2010) - Source www.bastamag.net

Pas la peine de tourner autour du pot : avec des possibilités réduites de départ en retraite anticipée, le gouvernement compte-t-il sur la mort prématurée des salariés exerçant des métiers pénibles pour financer le système des retraites ? Pour les associations des accidentés de la vie et les victimes de l’amiante, cela semble être le cas.

« Injuste, inéquitable et de mauvaise foi », commentent l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva) et l’Association des accidentés de la vie (Fnath), à propos du projet concocté par le ministre du Travail Éric Woerth [1].

Pour les salariés dont la santé s’est dégradée au travail, le dispositif de retraite anticipée se contente de constater d’éventuelles incapacités physiques. Première conséquence : « Il écarte les salariés qui ont été exposés à des produits cancérogènes et qui ont de ce fait une espérance de vie réduite, mais pas de traces physiques de cette atteinte. » Bref, si vous n’êtes pas sous chimiothérapie avant 60 ans parce que vous avez manipulé des matériaux amiantés, passé trente ans à enduire de goudron de charmantes routes de campagne, ou participé à l’épandage de milliers de litres de pesticides pour grossir les chiffres des exportations agricoles, vous ne pourrez bénéficier d’une compensation sous forme de retraite anticipée.

Ensuite, le dispositif n’est ouvert qu’aux salariés victimes d’une « incapacité permanente partielle » d’au moins 20%, liée à un accident du travail ou à une maladie professionnelle. Si vous êtes gêné par des douleurs récurrentes aux articulations ou que vous souffrez d’un mal de dos chronique suite à vos années passées derrière une caisse enregistreuse ou à assurer la manutention d’un entrepôt, ce ne sera pas suffisant. Il vous faudra continuer à vous gaver d’anti-douleurs pour continuer à bosser. Et courir le risque que votre organisme fatigué ne s’use définitivement, à moins de préférer le chômage… Sans oublier les « très nombreux salariés atteints de souffrances psychiques entraînées par le harcèlement ou par la dégradation de l’organisation du travail », dont l’état de santé est rarement reconnu comme maladies professionnelles. Eux pourront opter pour le suicide, cela permettra une double économie : à l’assurance maladie et à l’assurance vieillesse.

Espérance de vie

Enfin, le dispositif fonctionnera au cas par cas, sans reconnaître que certains métiers et activités sont réputés pénibles. Exit donc une liste de ces métiers physiquement difficiles, sur laquelle le patronat refuse de négocier depuis 2003. Prétexte invoqué par le gouvernement : répertorier ces métiers, de manière forcément non exhaustive, aurait créé des injustices pour des salariés pouvant exercer des activités difficiles dans des secteurs n’entrant pas dans la liste. « Plutôt que de créer de petites injustices, le gouvernement préfère en créer une énorme en excluant du dispositif un maximum de victimes du travail ! », critiquent les deux associations. « L’argument est d’une particulière mauvaise foi, d’autant qu’il est parfaitement possible, comme cela est préconisé dans le cas du dispositif amiante, de compléter une approche collective par une approche individuelle. » L’ouvrier du BTP ou le travailleur de nuit sont à égalité avec le cadre commercial ou le fonctionnaire d’une administration. Problème : ces derniers ont de grandes chances de vivre plus longtemps en bonne forme, donc de profiter de leur retraite.

On sait que l’espérance de vie varie fortement que l’on soit ouvrier ou cadre. Les premiers vivent entre sept et dix ans de moins que les seconds (pour les hommes), selon l’enquête Insee sur la santé et les soins médicaux. « Les ouvriers exposés à des toxiques meurent plus tôt que les autres salariés », rappellent l’Andeva et la Fnath. « Ils profitent donc moins de leur retraite. » Comble du cynisme, « leur mort prématurée permet de financer la retraite des autres catégories sociales déjà favorisées par leur espérance de vie. » Un ouvrier de l’industrie chimique qui cotise 41 ans pour mourir deux ou trois ans après son départ en retraite pourra au moins se réjouir des loisirs et voyages que les seniors plus chanceux pourront se payer grâce à sa contribution.

« Aucun pays au monde ne l’a fait », répète Éric Woerth à propos de sa réforme. On sait pourquoi.

Ivan du Roy

Notes

[1] Dans un communiqué commun du 16 juin 2010

APPEL DU 18 JUIN 2010

A TOUS LES FRANÇAIS

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des entreprises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos citoyens, s’est mis en rapport avec les actionnaires pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force financière, industrielle et médiatique des actionnaires. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les spéculateurs, les paradis fiscaux, la tactique des fonds de pension qui nous font reculer. Ce sont les spéculateurs, les paradis fiscaux, la tactique des fonds de pension, avec la complicité de nos chefs qui nous a amené là où nous en sommes aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent être entravés et faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule. Elle a une vaste communauté derrière elle. Elle peut faire bloc avec les peuples du monde qui continuent la lutte. Elle peut, comme l’Amérique latine par exemple, proposer des alternatives pour faire émerger une autre forme de civilisation. Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force financière, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force humaine supérieure. Le destin du monde est là. Moi, citoyen lambda, actuellement à l’ombre, j’invite les ouvriers et les paysans français où qu’ils se trouvent, avec leurs outils ou sans leurs outils, j’invite les étudiants et les retraités où qu’ils se trouvent, à se mettre en rapport avec les collectifs citoyens de défense de nos retraites. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain, comme aujourd’hui, je serai dans la rue pour manifester ma colère et mon refus d’une telle régression sociale.

60 ans à taux plein ! Pas une année de plus ! Pas un euro de moins !

Collectif isérois "Urgence Retraites Justice Sociale"

RETRAITES A B(R)AS LE COR



Le rapport du COR une propagande capitaliste éhontée (Le consulter Rapport - Annexes)

Le rapport que le COR a remis au gouvernement et le battage médiatique époustouflant qui a suivi constituent un gigantesque effort de propagande pour faire avaler au bon peuple comme inéluctables des solutions totalement réactionnaires et au service des intérêts du patronat, pour les retraites.
Il s’agit de conditionner les esprits et de bloquer toute velléité de raisonner autrement. Tout est dans la manière de présenter et justifier les scénarios retenus, comme allant de soi, neutres, quasi scientifiques. L’utilisation de l’appareillage statistique sert à cela entre autres. Mais leur résultat dépend de ce qu’on y entre et de ce qu’on veut en sortir. La place des postulats de base et de ce qui n’est pas étudié est alors primordiale. Out le chômage zéro, sans parler du crime de lèse profits qu’est l’interdiction des licenciements. Quand ça l’arrange, le COR raisonne à législation constante. La part de la population vieillissante croît. Oui et alors ? Est-ce incompatible avec la croissance économique qui pourrait payer cette augmentation ?
Et il ne faut pas oublier que tous les pays sont confrontés au même problème et ont déjà pris des mesures de réduction drastique. La France ne pourrait donc pas se singulariser. Thème favori de Sarkozy. Le COR veut dire que le capitalisme qui n’a pas de frontières impose dans différents pays les mêmes mesures, pour sauver le processus d’accumulation du capital. Cela va de soi. La question est de savoir si on doit le suivre.
Et les chiffres des besoins de financement sont sidérants. Des besoins estimés entre 72 et 115 milliards. É-nor-me, on vous dit. Tellement énorme pour le salarié ou le retraité moyen qui a du mal à boucler ses fins de mois avec une paie de 1 200 euros, quand il les touche ! Inimaginable. Et c’est bien cet effet de sidération qui est recherché. Impossible d’écouter une radio sans s’entendre rabâcher ce « constat », au cas où on ne s’en serait pas bien imprégné. La peur vous gagne, il faut faire quelque chose, vite. Pour 2050.
Là gît une autre embrouille. Dans un système par répartition, les retraites de 2050 seront payées par l’activité économique, le travail des actifs employés en 2050. Or les projections 2050 sont aléatoires sur tous les plans ou bien fondées sur des hypothèses politiques qui ne disent pas leur nom, ce que nous mettons en lumière dans le décorticage du rapport.
Après la peur, la culpabilisation. Les retraités qui vivent mieux que les actifs. Et si on ne fait rien maintenant, ce seront nos enfants qui vont en pâtir, égoïstes que nous sommes, leur salaire d’activité va diminuer.
Et enfin, tous les non étudiés. Quelle part des exonérations de charges patronales par exemple dans le manque à gagner ? Bonne question, mais qui n’intéresse pas le COR. Il raisonne à réglementation constante on vous dit. Tout est orienté de fait vers une conclusion « logique » : il va falloir retarder le départ à la retraite (ce qui ne veut pas dire avoir un emploi, les licenciés de plus de 50 ans, les invalides en savent quelque chose), et gagner moins. Travailler plus pour gagner moins, voilà un slogan moderne !
Soyons raisonnables. Mobilisons-nous en masse, unitairement, pour faire échec à ce hold-up sur nos vies, qui valent mieux que leurs profits.


Le COR machine d’intégration gouvernementale
Le COR, Conseil d’orientation des retraites, a été créé par décret du gouvernement Jospin en mai 2000, confirmé par la loi du 21 août 2003 et mis en place par le décret du 28 mai 2004, sous Raffarin.
Dix représentants syndicaux sur 38 membres et quatre députés et sénateurs PS ou PCF font partie de cette machine gouvernementale. La question du nombre de représentants n’est pas le problème central, mais bien celui de sa fonction.
Il est mandaté pour mener plusieurs missions qui en disent long sur sa fonction réelle : « décrire les évolutions et les perspectives à moyen et long termes des régimes de retraite légalement obligatoires, au regard des évolutions économiques, sociales et démographiques, et élaborer, au moins tous les cinq ans, des projections de leur situation financière […], formuler les avis prévus par la loi n°2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites (avis préalable aux décisions à prendre tous les quatre ans relativement à la durée d’assurance requise dans les régimes de retraite) ».
Voilà donc, au-delà d’un aspect de centralisation des informations, le but véritable du conseil : faire des propositions pour appliquer la contre-réforme Fillon. Qu’ils le veuillent ou non, tous les participants sont dans ce carcan. Ils sont censés appliquer cette loi, même s’ils l’ont combattue ! Notamment moduler les règles de la durée de cotisation. Sur quels critères économiques, sociaux ? Les experts d’État, du patronat et consorts défendent les leurs. Le but du jeu est d’arriver à un constat partagé. Mais quel constat ? Que la trésorerie des caisses baisse dangereusement ? Il n’y a pas besoin d’un machin comme le COR pour s’en apercevoir. Les administrateurs confédéraux de chaque régime le savent tout aussi bien. Une vraie question est de savoir d’où vient le manque à gagner. Mais là, pas touche. On noie cette question dans des scénarios qui éjectent les vrais problèmes. Autrement dit, le but recherché est de mettre les organisations syndicales dans le chaudron de la pensée libérale et de les y maintenir autant que possible. La règle non écrite du fonctionnement est le consensus. À la différence du Conseil économique et social, par exemple, on n’indique jamais d’éventuels votes. Ce qui permettrait de savoir qui a proposé quoi.
Alors de temps à autre, quand le Medef pousse le bouchon un peu trop loin, les syndicats haussent le ton ! Sinon, les propositions et avis sont ceux du COR comme institution, intégrant les syndicats. Et ce n’est pas fini. La séance du 16 juin prochain a au menu l’épargne retraite. En y participant, les syndicats légitiment une telle approche, totalement contradictoire avec la défense intransigeante de la retraite par répartition.
Bien sûr, devant l’ampleur des attaques, les confédérations sont obligées de pointer des désaccords plus ou moins forts. « Nous ne sommes pas d’accord avec le COR », disent-elles. Mais le COR c’est aussi eux, d’une certaine façon. Et si, vraiment, ils croient que c’est une usurpation de pouvoir, qu’ils ne sont que l’alibi des réformes réactionnaires, alors il faut démissionner. Les organisations syndicales ne doivent pas faire corps avec le COR !

Les retraites du COR  : Travailler plus pour gagner moins
Le huitième rapport du COR dit s’en tenir à une « actualisation des projections financières du système de retraite en prenant en compte les conséquences à plus long terme de la crise »1. En réalité, le but visé est de justifier du caractère inéluctable du report de l’âge de départ à la retraite, et simultanément de la nécessaire baisse des retraites, comme « conditions d’équilibre du système de retraite »2.
Toute la démonstration tourne autour de cet impératif en manipulant les variables qui conditionnent cet équilibre, ne serait-ce que par omission. Sans dire trop précisément les moyens d’accompagnement de cet objectif. Il est dit benoîtement qu’un dossier technique sera établi prochainement par le secrétariat général du COR, pas par le Conseil puisque c’est « technique ». « Il inclura notamment, à la suite de la demande de membres du Conseil [le Medef, qui trouve le rapport encore trop optimiste !], des variantes aux projections actualisées portant sur la durée d’assurance et les âges de la retraite, et abordera d’autres questions relatives au financement des régimes de retraites »3. Sans doute, le complément par capitalisation, objet d’une séance en juin. Rien que ça. Bizarrement, rien sur le décompte par points ou compte notionnel qui ont fait l’objet de rapports au sein du COR. Une seule attaque à la fois. On n’est pas au bout de nos surprises.
Les déficits sont déjà là. À cause de la crise et de ses répercussions sur l’emploi. Vrai dans le sens où les capitalistes font payer la crise aux travailleurs. À prendre LA crise comme une donnée intangible, on s’interdit de penser d’autres moyens pour conjurer ses effets, sinon ses causes. Il faudrait donc accepter la crise et ses effets.
Mais rien sur les dettes du patronat, les exonérations de charges patronales… Certes, cela ne résoudrait pas tous les problèmes pour 2020 ou 2050. Mais cela réduirait d’autant les besoins de financement.
Un autre présupposé du COR est de réfléchir à législation constante. Donc, à les suivre, ces exonérations existeraient encore en 2030. Comme est acquis que la durée de cotisation est de 41 ans, puis 41 ans et demi. Voire 42. C’est ce que nous contestons.

Le faux argument de la démographie
L’autre argument massue est celui de la démographie. L’arrivée des baby boomers à l’âge de la retraite. Mais cette vague s’éteindra d’elle-même vers 2036-2040. Ce seront ensuite des classes creuses. D’autre part, l’allongement de la durée de vie aurait pour conséquence l’augmentation de la part des retraités, et donc des besoins de financement supplémentaires si on ne fait rien. À manier avec précaution, il semble que la vitesse d’allongement de la durée de vie tend à diminuer. Cet épouvantail n’est pas nouveau, il a déjà servi sous Rocard et depuis. Le hic, c’est qu’à long terme, le pronostic est assez aléatoire. L’histoire des vingt dernières années montre que l’effondrement démographique prédit n’a pas eu lieu. Au contraire même. L’indice conjoncturel de fécondité est proche de celui nécessaire au renouvellement du stock de population. Et celui-ci est probablement atteint si on prend l’indice final, c’est-à-dire le nombre d’enfants réellement nés dans le temps où une femme peut procréer. Période qui s’est déplacée dans le temps. Mais c’est aussi sans compter sur l’environnement, par exemple la disponibilité de l’accueil de la petite enfance, l’état de l’emploi pour les femmes. Qui peut dire ce que sera la pratique nataliste des couples en 2020, qui seront actifs (30 ans) en 2050 ? Et le solde migratoire qui s’est avéré le double de celui prévu au départ.
Le vrai problème n’est pas celui du nombre d’actifs, mais d’actifs employés4, à temps partiel ou pas, avec quels salaires, notamment l’emploi des femmes, les plus pénalisées dans l’emploi et encore plus pour les pensions, ce qui a une répercussion directe sur les cotisations, donc les ressources des régimes de retraite. Si on prend le ratio de dépendance économique, c’est-à-dire la part de la population prise en charge par les personnes ayant un emploi, l’augmentation n’est que de 13 % en
40 ans. Augmentation qui serait largement comblée par l’augmentation de productivité sur une telle période5.

Des mesures réactionnaires
L’intérêt d’un tel discours est d’être alarmiste pour mieux faire passer les mesures réactionnaires. Dans ses scénarios, le COR part d’hypothèses de chômage entre 4, 5 % et 7 % et des gains de productivité entre 1, 5 et 1, 8 %. C’est ce que le Medef trouve trop optimiste.
Faut-il rappeler que partir à la retraite plus tard ne veut pas dire avoir un emploi plus longtemps alors que la politique dite de l’emploi des seniors est un bide retentissant.
C’est donc une tout autre politique de l’emploi qui doit être développée, intégrant un emploi à temps plein, à durée indéterminée, pour les jeunes et les femmes. Voir nos propositions en la matière.
Les projections qui découlent de tous ces a priori montrent que l’âge « spontané » de liquidation de la retraite reculerait de deux ans à l’horizon 2050. Insuffisant pour atteindre l’équilibre des régimes en 2050. Il faudrait, selon le COR, peser sur trois leviers :
- « soit une hausse du taux de prélèvement de 9, 8 points », ce qui pénaliserait gravement le salaire direct des salariés. Jugement qui n’est vrai que si on augmente la cotisation dite « ouvrière » et plus du tout si on augmente seulement la part dite « patronale ». Ce dont ne veulent pas entendre parler les patrons.
- « soit une baisse des pensions relativement aux revenus nets d’activité de 36 % »
- « soit un décalage supplémentaire de l’âge effectif moyen de départ à la retraite de près de dix ans par rapport à 2008 »6 !
Ou un petit mélange des trois. Mais dans tous les cas de figure, baisse des pensions et augmentation de l’âge réel de départ à la retraite sont au programme, quels que soient « les moyens à utiliser pour faire évoluer les différents leviers »7. La retraite pour les morts est de retour.

1. Rapport, p.5
2. Id. même page
3. Idem
4. La population active est la population en âge de travailler, et comprend donc, entre autres, les chômeurs.
5. Argumentation développée dans un ouvrage Attac Copernic à paraître prochainement, chapitre 4.
6. Huitième rapport du COR, p.46
7. Idem
Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites !

Attac et la fondation Copernic ont rendu public un appel "Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites" signé par 370 responsables syndicaux, associatifs et politiques ainsi que de nombreux universitaires, chercheurs... Cet appel veut mettre la question du partage de la richesse produite au centre du débat public qui s’ouvre sur l’avenir des retraites. Il doit être un point d’appui pour engager une vaste campagne d’éducation populaire qui se traduira par la multiplication de réunions publiques unitaires partout en France. Face à la régression sociale programmée, il faut créer un vaste courant d’opinion qui affirme que d’autres solutions sont possibles. L’appel "Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites" peut en être le catalyseur.


Pour signer l’appel : http://www.exigences-citoyennes-retraites.net/

Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites

Le gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique car toutes les dispositions prises (calcul sur les 25 meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote...) ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %. Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le taux de remplacement moyen - niveau de la retraite par rapport au salaire, passerait de 72 % en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes.

Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin en supprimant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans en le portant à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef, et en remettant en cause le calcul sur les six derniers mois d’activité des retraites du secteur public. Jumelées avec un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes. Ce sont les salarié-es les plus jeunes qui subiraient les effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite.

Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés âgés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans, ne vise qu’à baisser le niveau des pensions. De plus, cette logique remet en cause la solidarité intergénérationnelle. Il n’y a aucun sens à augmenter l’âge de la retraite alors que le chômage de masse sévit pour les jeunes. Au lieu de voir dans la retraite par répartition une transmission perpétuelle et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante, le gouvernement et le patronat, afin d’attiser la division, la stigmatisent comme un fardeau pour la seule génération à venir.

Le danger ne s’arrête pas là. Le COR dessine les contours d’une réforme pour remplacer notre système par un autre « par points » ou « par comptes notionnels ». Dans les deux cas, il s’agirait de ne plus avoir à assurer un taux de remplacement du salaire défini à l’avance et de faire de la variation du niveau des pensions le moyen d’équilibre financier des régimes. Cela aggraverait encore la baisse du niveau des pensions et contraindrait les salariés, particulièrement les salarié-es pauvres et effectuant les travaux pénibles, à travailler toujours plus longtemps.

La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie. La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits publics. Les États continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise. Réduire ces déficits pourrait se faire par une taxation du capital. Mais les spéculateurs refusent évidemment cette solution, demandent que les États donnent des gages et exigent une réduction des dépenses publiques.

Une alternative à cette régression sociale existe pourtant. A moins de décréter la paupérisation des retraité-es, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3, 2 % du PIB en 1982 à 8, 5 % en 2007. Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité.


La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » et la destruction des solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne (réunions publiques, appels locaux…) pour stopper cet engrenage.

Retraites :

Notre mobilisation sera décisive !


Pour mettre en échec la contre-réforme libérale des retraites concoctée par Sarkozy et son gouvernement, un front unitaire de la gauche antilibérale est indispensable.

C’est donc Éric Woerth, nouveau ministre du Travail, qui donnait lundi 12 avril le coup d’envoi de la contre-réforme libérale des retraites, lors d’une première réunion de « concertation » avec les « partenaires sociaux » reçus successivement rue de Grenelle.On nous dit qu’elle fut « tendue », les organisations syndicales refusant d’emblée le calendrier proposé par le gouvernement. Il est vrai que le Medef et l’UMP piaffent d’impatience et aimeraient bien liquider, au plus tard pour septembre, un des acquis fondamentaux du mouvement ouvrier, misant sur la période des vacances d’été et sur un mois de décervelage de masse à l’occasion de la coupe du monde de football pour faire leur hold up. Sarkozy a l’intention de faire de la contre-réforme des retraites le point d’orgue de son quinquennat.
Sa réélection s’avérant chaque jour un peu plus incertaine, ses jours à l’Élysée sont désormais comptés et il lui reste peu de temps pour mettre en œuvre une politique antisociale de « sortie de crise ». Seule sa capacité à mener à bien le dossier des retraites pourrait rehausser son image au sein d’une majorité lassée par les échecs répétés du gouvernement (travailler plus pour gagner plus, vaccins contre la grippe A H1N1, taxe carbone, bouclier fiscal…). Mais Sarkozy et son gouvernement, qui viennent d’essuyer une cuisante raclée aux élections régionales, ne disposent pas d’une légitimité suffisante pour prétendre s’attaquer seuls à notre système de retraite. Celui-ci constitue, au-delà des conjonctures économiques, un bien commun à tous les salariés fondé sur la solidarité entre générations. Pour parvenir à ses fins, le pouvoir devra compter sur le ralliement d’une partie de la gauche libérale, notamment du Parti socialiste qui multiplie les discours contradictoires : Martine Aubry déclarait en janvier accepter le principe du départ à 61 voire 62 ans, pour être contredite quelques jours plus tard par Henri Emmanuelli qui voit là « un très mauvais signal, un très mauvais symbole ». Benoît Hamon, porte-parole du PS, récent signataire de l’appel Attac Copernic, s’est vu désavoué par sa direction nationale dimanche 11 avril.

Les déclarations du front unitaire des organisations syndicales – pourtant indispensable au lancement de la mobilisation – cachent mal la fragilité de cette unité et des orientations contradictoires présentes au sein de l’intersyndicale. Il faudra tôt ou tard que chacun exprime sa stratégie et ses exigences revendicatives face aux propositions gouvernementales et à la montée en puissance de la campagne médiatique libérale. C’est à un véritable travail de pédagogie populaire que les antilibéraux, les anticapitalistes et les équipes militantes de la gauche syndicale doivent se livrer sans tarder. Comme en 2005, lors du référendum sur le projet de Traité constitutionnel européen, nous ne devons pas craindre la confrontation avec les prétendus experts et les vrais gougnafiers qui vont polluer le débat !
Oui, nous mènerons de front la bataille d’idées avec une défense intransigeante des principales revendications que sont : le départ à 60 ans à taux plein, le retour aux 37, 5 annuités de cotisation que nous a volées Balladur, un taux de remplacement d’un minimum de 75 % du salaire, et pas de pension inférieure à 1 500 euros net par mois !
L’appel de la fondation Copernic et d’Attac signé par 400 personnalités : chercheurs, enseignants, économistes, philosophes, écrivains, militant-e-s politiques, associatifs, syndicalistes constitue une base solide pour créer partout des structures de mobilisation unitaires.

Le NPA s’active d’ores et déjà à la mise en place de ces collectifs partout où il est présent. Il mettra également toutes ses forces pour faire du 1er Mai une journée de manifestations massives contre Sarkozy et son gouvernement, contre le racisme pour la régularisation des sans-papiers et pour la défense de nos retraites.
Non, nous ne battrons pas en retraite !
Alain Pojolat

RETRAITES : DE CETTE SOCIETE LA, ON EN VEUT PAS !

On commence à parler des retraites, de tous les côtés, à multiplier les calculs, les nombres, 60, 61 62 ans, tant de trimestres, plans sociaux, etc. Mais on ne nous parle pas du fond véritable du problème :
Pourquoi tout le monde est-il si pressé de partir à la retraite ?
Parce que le travail est insupportable. Ce n'est pas plus compliqué que cela.

La discussion sur la retraite, au fond, c'est la conséquence de ce monde qui marche à l'envers, où l'on cherche à presser le citron au maximum tant qu'il a du jus, pour le jeter ensuite. Une société d'exploitation, avec le travail à la chaîne, le travail aux pièces, le travail posté, comme l'horreur est bien montrée dans le clip ci-dessous. Une société d'usure physique et mentale, de destruction de l'humanité de l'homme et de la femme.
La retraite, c'est la fuite de l'exploitation. C'est le temps libre, après le temps contraint de l'exploitation. Enfin, plutôt l'illusion du temps libre... Parce qu'il n'y a plus de sous, parce que les anciens sont mis sur la touche et qu'ils n'ont plus de place dans ce monde.
Une société libérée, cela commence par en finir avec la barbarie du travail contraint, l'exploitation. A ce moment là, la question du temps libre, de la retraite, prend un tout autre sens, celui de la place de chacune et chacun selon ses possibilités et son expérience, dans une société collective au service de tous.

Aujourd'hui, cela veut dire que le débat sur la retraite ne peut pas être séparé des conditions de travail et de la pénibilité.
Attention, pas pour grapiller des trimestres ou quelques euros comme nous le proposent les directions syndicales. Ca ne suffit pas de gagner quelques mois ou années si on s'est détruit au travail tout au long de sa vie professionnelle. Non, pour afficher que nous voulons nous préserver, conserver notre santé physique et mentale :
Non au travail posté et au travail de nuit !
Non au travail à la chaîne et à la pièce !
A bas les cadences infernales !