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A ECOUTER



Orchestre : Marko Markovic Orkestar / Hayde !
Editions : Makasound

Notre avis : (King Martov)
En cette période de bouc émissaire facile et de politique anti-Roms électoraliste, il faut savoir retourner aux fondamentaux pour regarder les choses autrement. Cette fanfare tout en cuivres tziganes et en percussions jazzy hante depuis longtemps les films d’Emir Kusturica. Elle est devenue légendaire au fur et à mesure qu’elle traversait le vieux continent pour prêcher sa bonne parole festive. Avec ses douze musiciens, l’orchestre de Boban Markovic, désormais passé entre les mains de son fils Marko, maintient vivant le puissant et détonnant brassage culturel balkanique, malgré les cicatrices des guerres civiles et les nouveaux murs dressés par les nationalismes. Le petit label français Makasound nous propose enfin d’en goûter les saveurs explosives et parfois élégiaques avec ce CD en forme de best-of, et pour les plus chanceux sur scène près de chez eux.



Techno : Heretik System / We Had a Dream
Editions : Musicast l'Autreprod

Notre avis : (King Martov)
L’histoire de la techno en France reste encore largement à écrire. Mais au sein des nombreuses tribus et souschapelles qui en assurèrent la propagande chez nous, les divers acteurs des free party restent sûrement les plus méconnus. Ce mouvement apparu dans l’Hexagone au milieu des années 1990 en incarna sûrement une des facettes les plus subversives et radicales. Le documentaire en question nous raconte cette aventure et pour une fois évite le piège de l’auto-célébration nostalgique. Image d’archives et points de vue extérieurs donnent la réplique au regard rétrospectif des principaux animateurs du sound-system. Tous les sujets sont abordés sans tabou ni hypocrisie, du plus noble (l’aspiration libertaire) aux apories de toutes formes de marginalité (drogues, violence, etc.). Sans oublier le poids de la répression policière, la méfiance du pouvoir et de l’ensemble de la société, voire d’une partie de la gauche.



Afro-beat : Bola Johnson & His easy life top beats
Editions : Vampisoul.differ-ant

Notre avis : (King Martov)
Au même titre que Bob Marley occulte souvent dans les oreilles du commun des mortels l'immense richesse de la musique jamaïcaine, fela a trop souvent tendance chez nous à cacher la formidable effervescence de la scène de Lagos (Nigeria) à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Bola Johnson resta donc longtemps ces que les "collectionneurs" appellent entre eux un secret bien gardé. Heureusement des labels comme Soundway (ou ici Vampisoul) permettent désormais de découvrir sans avoir besoin de s'adonner aux coûteuses joies du "dig in the crates" (chiner dans les bacs à disques) les productions de ce facétieux personnage et de son orchestre. Du highlife à l'afro-soul, ce sont les bases de l'afro-beat qui sont ici posées avec ce glissement de plus en plus accentué vers un funk abrasif et décolonisé.



Punk : La Souris Déglinguée / As-tu déjà oublié ?

Editions : CLANDESTINES

Notre avis : (King Martov)

30 ans que la Souris déglinfuée (LSD) sévit et survit. Depuis 1979, et surout 1981, lorsque le groupe suintant la zone et sa banlieue de moins en moins rouge, vrombissant aux cris de guerre de tribus urbaines qui peuplaient alors une capitale moins fliquée et plus sauvage. Il faut dire que LSD cumulait déjà seule en France les mandats de Sham 69, Madness, des Stray Cats et des Ramones. Adeptes du réalisme social et victime consentante d'un public insuffisamment politique et homogène culturellement, ceux qui firent jouer NTM en première partie quand personne ne voulaient d'eux, furent d'à peu près tous les combats héroïques du macadam sonore. Ces enregistrements miraculeusement retrouvés dans un fond de tiroir restituent à merveille la quintessence originelle d'un groupe aimé pour toujours par ses fans (sa rahia) et qui le lui rend bien.



Electro : Berlin 61-89 / Wall Of Sound

Notre avis : (Diskodolly)

Cette compil pas comme les autres comporte 30 titres sur deux supports - un "Ouest" et un "Est" - résonnant à la fois comme une référence à une période de l'histoire et comme une production phonographique allemande. Les titres ont été sélectionnés par Caroline Cartier (France Inter) et Pascal Bussy (spécialiste de la musique allemande). Des pionniers de l'électronique à l'Electronic body music, en passant par le krautrock, on y retrouve des classiques tels Nico, Nina Hagen, Can et Neu ! (mais jamais leurs tubes) ou des sartistes plus confidentiels comme Malaria, MDK, Electric Sandwich, etc. Cela confère une intimité froide à des musiques intenses et extrêmes, rythmées au son mécanique de la langue allemande. Cet album ravira les adeptes de ces sons bien particuliers d'outre-Rhin, mais également les fans de rock ou d'électro contemporains.



Reggae Anthology: Winston Riley - Quintessential Techniques

Notre avis : (King Martov)

1971. L'Angleterre toute entière danse sur un titre de reggae. Double Barrel par Dave & Ansel Collins est une sorte de tape-cul funky percutant le skank de Kingston sur fond de déclamations mystiques d'un rude boy. Ce son unique qui enfièvre des clubs britanniques toujours avides de nouveautés, on le doit à Winston Riley, le boss du label Techniques sur lequel le titre fut publié. Il avait commencé sa carrière durant les années 1960 en reprenant les Impressions de Curtis Mayfield. C'est au cours des années 1970 et surtout 1980 comme producteur qu'il marque les esprits et les oreilles. Surtout lors de l'explosion du "dancehall" auquel il offrit quelques classiques tel que le "Bam Bam" de Sister Nancy et "Ring the Alarm" par Tenor Saw. Un double CD "best of" de 36 morceaux impeccables pour approcher la légende.