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AU CINEMA




Date de sortie cinéma : 27 octobre 2010
Réalisé par Abdellatif Kechiche
Long métrage français
Genre : Drame historique
Durée : 2h44mn
Année de production : 2009

Synopsis : Paris, 1817, enceinte de l'Académie Royale de Médecine. « Je n'ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes ». Face au moulage du corps de Saartjie Baartman, l'anatomiste Georges Cuvier est catégorique.

Notre Avis : (Paul Louis Thirard)
Kechiche raconte cette histoire
vraie, du début du xixe siècle, c’est-à-dire avant la « colonisation » française en Afrique… Saartije est exhibée, à Londres puis à Paris, comme un phénomène de foire, puisque c’est une « négresse », et finit misérablement sa vie comme prostituée. Kechiche raconte froidement, recourt aux gros plans de visages comme Breughel, nous force à réfléchir sur le racisme, certes, mais aussi sur le spectacle (son film est dans la lignée des Freaks de Browning ou de la Lola Montes d’Ophüls). On se surprend à être troublés, nous, spectateurs du film… Du très grand art.


Date de sortie cinéma : 03 novembre 2010
Réalisé par Sabina Guzzanti
Long métrage italien (Titre original : Draquila - L'Italia che Trema)
Genre : Documentaire
Durée : 1h30mn
Année de production : 2009

Synopsis : Pourquoi les Italiens votent pour Berlusconi ? La virulence de la propagande, l’impuissance des citoyens, un système économique précaire, des jeux de pouvoir illégaux...ou encore une catastrophe naturelle.

Notre Avis : (Sylvestre Jaffard)

Sabina Guzzanti s'est fait connaître internationalement il y a cinq ans avec Viva Zapatero !, un pamphlet sur la disparition progressive de la liberté d'expression dans l'Italie de Berlusconi, dont elle fut elle-même victime avec l'arrêt, en 2003, de son émission satirique Raiot - Armi di distrazione di massa (arme de distraction massive) sur la chaîne publique Rai 3.

Cette journaliste et actrice hors pair, que d'aucuns comparent à Michael Moore, excellait dans les imitations réalistes et cruelles du Cavaliere. A tel point qu'elle provoqua l'ire du président du Conseil, ce qui entraîna l'annulation du programme. 
Tricarde à la télévision, la belle quadragénaire occupe depuis les planches de théâtre, les rayons des librairies et les écrans de cinéma, où elle constate l'inéluctable désagrégation de la démocratie italienne.
"Je voudrais être optimiste, mais la situation ne cesse d'empirer. Et je crains que même la retraite de Berlusconi n'y change rien. A force de laver le cerveau des gens, cela a fini par produire son effet. Par exemple, dans les débats, on me demande de plus en plus souvent si, après tout, il n'est pas normal de limiter la liberté. A force de l'entendre à la télé, les gens finissent par le répéter...".

Présenté au dernier Festival de Cannes en dépit de l'appel au boycott du ministre de la Culture Sandro Bondi, Draquila est ainsi un vigoureux brûlot, et un véritable film d'horreur, d'autant plus terrifiant qu'il ne comporte ni masque ni fard.
Elle y accuse le vampirique président du Conseil d'avoir utilisé une catastrophe naturelle (le tremblement de terre de L'Aquila en avril 2009) pour se refaire une santé dans l'opinion et expérimenter à petite échelle une restriction du droit de manifester et un détournement d'argent public. Un système de clientélisme massif - "tellement énorme qu'il semble ne plus choquer personne, comme si les gens étaient désormais anesthésiés" -, mis en place avec l'aide de la Protection civile (l'organisme d'aide aux victimes, aux mains d'un proche de Berlusconimrécemment mis en examen pour corruption) et sous prétexte de l'état d'urgence.

Peut-on pour autant parler de fascisme ?

"Ce débat de rhétoriciens me fatigue. Qu'on appelle ça fascisme ou pas, peu importe : seuls comptent les faits. L'information : il n'y en a plus. La justice : il n'y en a plus. Les services publics : il n'y en a plus. L'opposition : il n'y en a plus."

Lorsqu'on lui demande pourquoi celle-ci est si faible en Italie, elle dénonce sans pitié : "Qu'ils soient complices ou simplement idiots, la soi-disant gauche est responsable de la catastrophe actuelle. Quand ils étaient au pouvoir (de 2006 à 2008 - ndlr), ils n'ont rigoureusement rien fait. Il est temps que cela change."

Comment dès lors secouer ce grand corps malade, rapiécer cette vieille botte trouée ? Sabina Guzzanti n'a pas de solution miracle, mais semble plus déterminée que jamais. "Je ne réclame pas une médaille de la subversion. Mais j'ai quand même le sentiment que mes films sont utiles car ils montrent des choses que les gens ignorent. La seule résistance possible, c'est de continuer à faire ce à quoi l'on croit, sans rien changer. C'est une guerre longue, qui va encore durer des années. Il faut s'armer de patience." La patience des aigles.




Date de sortie cinéma : 15 septembre 2010
Réalisé par Floria Sigismondi
Long métrage américain
Genre : Biopic
Durée : 1h46mn
Année de production : 2009

Synopsis : Los Angeles, 1975. Joan Jett et Cherie Currie, deux adolescentes rebelles, se rencontrent et deviennent les figures emblématiques de ce qui se révélera être le plus célèbre des groupes de glam rock féminin, les Runaways.

Notre Avis : (Sylvestre Jaffard)
Que demander à un film ? Peut être d'abord de faire passer un bon moment, et de ce point de vue, Les Runaways donne pleonement satisfaction, comme le bon produit hollywoodien qu'il est. Rébellion adolescente, des guitares acérées, du sexe, de la drogue et aussi des histoires d'amitié dans l'adversité qui en font un excellent moment de rock'n'roll. Mais l'histoire vraie de ce groupe entièrement féminin des années 1970permet aussi de réfléchir à la prise de contrôle de leur vie et de leur sexualité par de jeunes femmes et à la tension qui se crée avec la amrchandisation de leur image par une industrie sans scrupules. Le mérite du film est de laisser pleinement voir l'amibguïté du groupe, à la fois produit marketing et pionnier du punk féministe.



Date de sortie cinéma : 7 avril 2010

Réalisé par Coline Serreau

Long-métrage français. Genre : Documentaire
Durée : 1h53min Année de production : 2009

Synopsis : 
Les films d'alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu'il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s'est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives."

Notre avis : (Jean-Louis Marchetti)
Ne vous trompez pas sur letitre de l'excellent film de Coline Serreau. Si le désordre écologique décrit dans le film est bien global, les solutions proposées le sont aussi. Lefilm nous les montre réellement mises en pratique, dans des lieux aussi divers qu'un ancien kholkoze ukrainien, des petites propriétés paysannes en Inde, les vilolages des sans-terre au Brésil, le Burkina-Faso, la Frane. Le film condamne l'agriculture industrielle imposées par les trusts de la chimie et de l'agrobusiness. Sa force, c'est de montrer, en face de chaque catastrophe annoncée, une alternative mise en pratique en un point ou un autre du globe par des partisans de la terre qui nous font partager leur combat. Le faire connaître est un acte militant.